Inflation à la baisse mais coût de l’alimentation en hausse. Et si les fruits et légumes passaient en PPN ?

 

Les chiffres de l’inflation de décembre 2015 publiés début janvier par l’ISPF indiquent que les prix sont à la baisse, sauf pour l’alimentation. Ce qui entraîne naturellement les populations les plus modestes à consommer majoritairement les produits dits de première nécessité (PPN). Cela a-t-il des conséquences pour la santé ?

 

S’indignant qu’un « certain nombre d’aliments dont la consommation excessive pouvait présenter un danger pour la santé des Polynésiens » (notamment le sucre) ait été retiré de la liste des PPN, Alex du Prel décrivait , en 2006 dans l’alors mensuel Tahiti Pacifique, le caddie moyen de familles plutôt modestes : « un ou plusieurs cartons de 12 kg de poulet congelé, des sacs de 20 kilos de riz et de sucre, plusieurs gallons d’huile végétale et souvent des boites de maïs ou d’haricots en conserve. Ce sont, avec les baguettes de pain, les denrées de base, l’apport en calories et protéines nécessaires à la « survie permanente » de beaucoup de familles nombreuses dont les membres occupent des emplois au SMIG, et encore lorsqu’ils ont la chance d’avoir un emploi régulier« .

Oui, il y a sans doute des raisons économiques pour favoriser l’accès des plus démunis à des ressources alimentaires. Mais on peut s’interroger. En 2015 les produits alimentaires ont vu leurs prix augmenter de 2,6% en moyenne, dont les fruits (+7,8%) et les légumes (+9,2%). Le prix du thon a également sensiblement augmenté ces derniers temps. « Et après on s’étonne que la population (surtout les plus modestes) se nourrit de chips, mayo et autres « pain beurre – milo » !!! avec ce qui s’ensuit : obésité, diabète, etc….. sans même parler des comptes de la CPS dans le rouge !« , s’indigne en commentaire un lecteur du site Tahiti Infos  Et celui-ci de s’interroger : « à quand une vraie politique PPN pour les aliments bons à la santé (comme les fruits et légumes frais locaux) ???« . Mais une telle décision demanderait une réelle politique de santé basée sur la sensibilisation et l’information. Or, que trouve-t-on en la matière ? Le quotidien La Dépêche de Tahiti interroge quant à lui sur ce qui a été mis en place par le Pays depuis la disparition de l’EPAP et de la Maison du Diabétique. 50 millions Fcfp versés au Fonds santé publique, c’est en effet bien peu… quand on sait qu’en Polynésie française, relate Polynésie 1ère, 70% des adultes sont en surpoids et 40% sont obèses. (Lire aussi sur AvA-Infos : Obésité et diabète, le Pacifique Sud particulièrement touché).

À noter néanmoins que, fin mai 2015, relatait Tahiti Infos, huit grandes entreprises polynésiennes ont signé la charte « Entreprise active pour la santé de ses salariés » avec le ministère de la Santé. L’initiative souhaite favoriser la mise en place d’actions en faveur de la promotion de l’alimentation équilibrée et de la pratique d’une activité physique auprès des salariés. Une initiative à saluer… 

Restera à s’intéresser aussi aux conséquences écologiques de la production des aliments, qui ne sont pas prises en compte !

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