Le nouveau projet immobilier du Tahara’a contesté

Après la côte ouest de Tahiti et Moorea, c’est au tour des habitants de la côte est de se mobiliser contre un projet immobilier de grande ampleur. Abandonné depuis un quart de siècle, l’ancien hôtel devrait faire la place à un nouvel établissement hôtelier mais aussi à un très gros complexe immobilier intégrant un centre commercial. Les édiles de la commune d’Arue et un collectif craignent des conséquences environnementales néfastes et la destruction d’un symbole culturel traditionnel. Elles s’y opposent et disent non à ce New Tahara’a projeté par le groupe City. Une manifestation pacifique a été organisée sur place le samedi 16 juillet.

 

Samedi matin (16 juillet), le collectif nouvellement créé Mou’a-‘ura-nui-i-te-ra’i-ātea organise une manifestation pacifique à Arue pour inviter la population à s’opposer au projet immobilier du New Tahara’a. Un convoi de véhicules se mettra en route à 8 heures, pour dénoncer l’impact négatif qu’aura le complexe hôtelier sur le trafic routier. Au-delà de l’aspect environnemental, le collectif souhaite également souligner le caractère culturel et sacré du site convoité. (…) C’est en axant sa communication sur cet aspect culturel, mais aussi par le biais de nombreuses références à l’environnement naturel, que le collectif a souhaité mobiliser les habitants, parmi lesquels beaucoup de pêcheurs et leurs familles. Entre autres motifs : engorgement routier annoncé en haut du col, ; les ressources en eau nécessaires, puis leur rejet en mer ; consommation énergétique ; « … le Pays ne peut pas autoriser ça, sauf à revenir sur ses propres déclarations en politique environnementale »

Un convoi pour dire non au New Tahara’a (Tahiti Infos)

La mairie de Arue se joint à un collectif de 8 associations dénommé Mou’a Ura Nui i Te Ra’i Atea pour organiser samedi 16 juillet une manifestation contre le projet immobilier du groupe City, New Tahara’a. Ils dénoncent un projet peu respectueux de l’écologie, sur un site d’envol des âmes. Pour Teura Iriti, il y a sur sa commune d’autres sites possibles pour accueillir des programmes de logements.  (…) Sur ce projet qui prévoit de nombreux logements et proportionnellement peu d’hébergement hôtelier, Jacky Bryant, lui, s’attache aux arguments de protection de l’environnement. Une de ses principales objections concerne l’adduction d’eau et l’assainissement, avec un besoin exprimé par le promoteur de 900 m3 par jour, alors que le schéma directeur de l’eau est toujours en cours d’élaboration et que les réserves en eau de Arue sont mal connues. Il souligne que déjà en 2012, Phillip Schyle alertait sur la baisse de la ressource en eau de la commune. De plus, le projet du groupe City prévoit de ne traiter que 400 m3, explique l’adjoint au maire. Autre argument de Jacky Bryant, la consommation énergétique du complexe du groupe City, qu’il compare à celle de l’hôpital. Selon lui la consommation énergétique des climatiseurs sera supérieure à celle économisée par le Swac.

Manifestation ce samedi à Arue contre le projet New Tahara’a (Radio 1)

Peu convaincus par les explications du groupe City, la mairie de Arue et le collectif Mou’a ‘ura nui i te ra’i atea s’opposent fermement au projet New Tahara’a. Pour se faire entendre, ils invitent la population à manifester ce samedi. (…) Toujours selon M. Bryant, le projet va contribuer à l’augmentation des 11 tonnes de production de gaz à effet de serre par individu et par an en Polynésie. Il en appelle au Pays à se conformer aux conclusions tirées de la Conférence des Nations Unies sur les océans, à Lisbonne.

Les opposants au projet New Tahara’a manifesteront samedi à Arue (TNTV)

La maire d’Arue Teura Iriti et son adjoint Jacky Bryant se lèvent contre le projet hôtelier et résidentiel du Tahara’a. Soutenus par une dizaine d’associations, ils ont invité la population à manifester le 16 juillet. Un rassemblement qui a pris la forme d’une cérémonie culturelle, pour montrer l’attachement à sa terre… Le projet immobilier au cœur de contestations concerne la zone du col du Tahara’a, à Arue, où se trouve l’ancien hôtel, laissé à l’abandon il y a 24 ans. Le groupe City, spécialisé dans les aménagements de quartiers, s’est porté acquéreur du terrain en 2021, avec un grand projet immobilier au même endroit, favorable au développement économique du Pays : 500 emplois pourraient être créés. (…) Le Taharaa et sa plage de sable noir… Un bout de paradis que les manifestants veulent absolument garder intact. Beaucoup d’entre eux ont grandi ici et leurs enfants après eux.

New Tahara’a : vent debout contre le projet immobilier (Polynésie 1ère)

(…) Trois temps forts étaient prévus : un convoi en voitures pour rejoindre le site, où deux cérémonies symboliques ont été organisées, côté terre puis côté mer. Près de 150 personnes ont répondu à l’appel du collectif, qui ne compte pas s’arrêter là. Le site du Tahara’a a vibré au son des pahu et des vivo, samedi matin, revêtant l’espace de quelques heures son caractère sacré de “lieu d’envol des âmes”. C’était l’objectif de la manifestation pacifique organisée par le collectif Mou’a-‘ura-nui-i-te-ra’i-ātea, du nom originel du promontoire. (…) « …rejeter de l’eau qui n’a été traitée que partiellement, c’est détruire ce que nous avons de plus cher”, poursuit l’ancien ministre de l’Environnement, qui dénonce le rejet en mer des eaux usées du New Tahara’a, dont seulement une petite moitié devrait être traitée en amont.

Manifestation symbolique au Tahara’a (Tahiti Infos)

Près de 200 personnes se sont retrouvées au pied du Tahara’a, ce samedi matin, à l’appel du collectif Mou’a Ura Nui i Te Ra’i Atea. Cérémonie traditionnelle, ‘orero, sensibilisation au rapport à la mer et à la culture… Les organisateurs avaient soigné leurs symboles, et réuni des militants culturels et environnementaux avertis, mais auraient espéré beaucoup plus de mobilisation populaire contre le projet du groupe City. (…) À défaut d’avoir déplacé les foules, le collectif a soigné ses symboles : habits blancs pour beaucoup, ‘orero, et percussions traditionnelles jusque sur la plage, où on initie les enfants au titi’raina, jeu traditionnel de construction de voiliers en bois…. L’idée ? Replacer les thématiques culturelles, foncières et environnementales « au centre des réflexions » sur le développement du fenua. (…) Rejets en mer, défrichage, impact sur la circulation, sur le flux de déchets, consommation d’eau… Les arguments déjà développés par la mairie d’Arue pour justifier son opposition ferme au projet sont toujours mis sur la table. Mais les militants le savent : des réseaux sociaux aux conversations politiques, le débat n’est pas à sens unique. Et beaucoup sont sensibles aux promesses de « renaissance » du site, de développement de l’activité économique, et surtout d’emploi – 210 pour l’hôtel Pullman en projet et au moins 500 pour l’ensemble du site – prises par le groupe City. Des arguments qui ne convainquent pas du côté du collectif.

New Tahara’a : une mobilisation plus symbolique que populaire (Radio 1)

Arrivés au belvédère, une cérémonie rappelle aux manifestants le caractère sacré et culturel de la montagne (…) l’impact environnemental du futur complexe sur la qualité de l’eau inquiète. « Ici, au bas du Taharaa connu par tous, c’est la meilleur qualité d’eau qu’il y a. Donc aujourd’hui oui, nos pêcheurs, nos mamans, nos papas, tous ceux qui ont bien voulu se manifester sont là. Ce n’est pas une manifestation au niveau de la quantité, mais qui vient du cœur, pour dire ça suffit, laissez nous notre terre », enfonce Teura Iriti, maire d’Arue.

Manifestation pacifique contre le projet du complexe New Tahara’a à Arue (TNTV)

 

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